Les dramas : Une immersion vers la culture coréenne !

Mis à jour : avr. 6

Si nous vous parlons de la Corée du Sud, ceux qui en connaissent le moins diront Asie, Corée du Nord, voyage. Les plus avertis penseront plutôt K-pop, Kimchi ou Drama. Pour découvrir la Corée du Sud et sa culture si différente de la nôtre quoi de mieux que les dramas coréens : les K-dramas. Réel miroir ou bon reflet de la société actuelle et passée, ils nous guident dans notre découverte du pays du matin calme. Et c’est bien vers ce voyage que nous nous dirigeons, appréhendons les aspects si particuliers de ce pays à travers différents dramas de telle façon à enrichir votre dramathèque et, peut-être, à vous en faire découvrir de nouveaux.


Le statut social dans les dramas

Commençons notre expédition avec High Society, où nous retrouvons le célèbre Park Hyung-Sik, dans le rôle d’un riche héritier de Chaebol : Yu Chang-Su.Ce drama est centré sur le statut social et les difficultés ou contraintes qui peuvent en découler, ainsi le clivage riche/pauvre est clairement mis en avant, tout comme l’importance ou le désir de s’élever socialement. Et c’est le personnage Choi Jun-Gi, joué par Sung Joon, originaire d’une famille modeste qui incarne cela. En effet, il cherche désespérément à élever son statut social, pour cela il n’hésite pas à cacher ses sentiments il mène d’ailleurs une réelle bataille entre ce que lui dicte son cœur et sa tête. Aujourd’hui il est superviseur d’un supermarché mais cela ne lui suffit plus. Son but est simple, il souhaite désormais intégrer une famille riche par le mariage. Dans l’autre cas, Chang-Su qui profite pleinement de sa richesse et accepte les contraintes liées à celle-ci, notamment le mariage arrangé, s’interdit toute relation durable avec une femme pauvre. Chacun d’eux, vont voir leur vie bouleversée par la rencontre de Jang Yun-Ha, une héritière rebelle incarnée par la chanteuse Uee du groupe After school et Lee Ji-Yi, une jeune femme de classe moyenne interprétée par Lim Ji-Yeon. Yun-Ha est la dernière fille d’une famille de chaebol mais souhaite être aimée pour sa propre valeur et non pour son argent tandis que Ji-Yi est déterminée à vivre une grande histoire d’amour.


En Corée du Sud le statut social est important, beaucoup plus qu’en France. D’ailleurs si chez nous l’adage « pour vivre heureux vivons cachés » est connu de tous chez nos amis coréens la richesse n’est pas cachée elle est même exposée. Dans la société coréenne, le statut peut impacter et influencer les relations des individus aussi bien en amour qu’en amitié. Et c’est bien cela que nous apprend le drama.


La pression scolaire dans les dramas


Pour atteindre ce haut statut si envié, les familles coréennes comptent en partie sur l’école. Ainsi les enfants subissent une pression constante pour réussir leurs années scolaires et intégrer une bonne université. Dans un désir de réussite professionnelle, un travail acharné leur est demandé. Par exemple, les élèvent passent environs 15 heures à étudier, et cela même le week-end. Autant d’heures de travail sont peu envisageables en France.


Ce phénomène est représenté dans le drama Sassy, Go Go. En tête d’affiche nous retrouvons Lee Won-Geun incarnant Kim Yeol un étudiant studieux à l’avenir prometteur et membre du Beak Ho club, regroupant l’élite du lycée. Jung Eun-Ji du célèbre groupe Apink, interprète Kang Yeon-Doo qui dirige le Real King club, groupe de danse réunissant les élèves les moins bien classés de l’école. Dans ce drama le club d’élite fait fermer le club de danse dans un objectif de réussite scolaire. En effet, les nuisances sonores générées par leurs entrainements les empêchent de réviser. Ainsi, les meilleurs élèves sont clairement privilégiés. Sans parler des parents de ces derniers qui, afin de les mener vers la réussite, n’hésitent pas à soudoyer l’administration de l’établissement. Le second lead feminin nous montre d’ailleurs ce que cette pression peut engendrer. Sans rentrer dans les détails, elle est poussée à mentir et à faire de mauvais choix pour satisfaire les désires de sa mère. Les élèves du club de danse subissent donc beaucoup d’injustices, légitimées par ce besoin de réussite.


Les familles exercent une réelle pression sur leurs enfants, nous pouvons imaginer que certaines familles cherchent ainsi à travers ces derniers à atteindre leur propre réussite sociale. Mais le gouvernement est aussi conscient de l’importance du secondaire puisque des mesures sont même mises en place pour faciliter l’accessibilité aux examens, par exemple. En effet, un numéro spécial est mis à disposition des étudiants, lors d’un retard pour se rendre à un examen, à l’appel de ce numéro une voiture de police vient les escorter en personne jusqu’au lieu de l’épreuve. Les horaires de travail des entreprises sont aussi aménagés pour optimiser la place dans les transports en communs, le but étant encore une fois de faciliter leurs déplacements. Tous ces aménagements présents en Corée du Sud sont inimaginables en France.


La K-pop dans les dramas


Continuons notre découverte de la culture coréenne en nous penchant sur les particularités du monde du divertissement avec le drama: K-pop: The Ultimate Audition. Où nous retrouvons Go Eun‑Ah interprètant Ji Seung-Yeon un garçon manqué intégrant un boysband et Park Yu-Hwan incarnant Kang Wu-Hyeon leader du célèbre groupe M2. Celui-ci bien qu’adoré par ses fans pour son image « parfaite », est en réalité froid, hautain et égoïste. Il garde la face et son rôle devant son public mais fait vivre un enfer aussi bien à son groupe qu’à son agence. Nous suivons ici les aventures d’un jeune groupe de K-pop masculin, infiltré par un membre féminin. Ce drama nous révèle la complexité des codes du monde du divertissement coréen, très éloignés des nôtres. Notamment les relations entre le public et les stars, bien différentes de ce qu’on peut connaître.


Il faut savoir que la Corée est une société imprégnée par le néo-confucianisme, c’est-à-dire que les coréens vivent selon un code de conduite moral régissant leurs comportements sociaux. Le respect aux seins des relations familiales et professionnelles mais aussi la hiérarchie sociale sont très importants et guidés par ces codes de conduites. Ces derniers influencent aussi le monde de l’entertainment coréen. De ce fait, les idols appartiennent à la corporation de leurs agences et ont un certain comportement à tenir, un comportement qui doit être « idéal » pour leurs publics et leurs fans qui sont leurs premiers juges. Par exemple, un idol doit rendre des comptes à ses fans, en présentant des excuses publiques s’il commet une faute. Aussi notons que le cadre des fautes est beaucoup plus strict qu’en Occident, les scandales peuvent être les mêmes mais ils sont perçus de façons différentes. Prenons le cas de l’adultère, c’est une situation dont une star coréenne fera face avec beaucoup de difficultés, cela peut même lui coûter sa carrière.


Kpop : The Ultimate Audition nous en apprend beaucoup sur cet aspect là de l’idol. Nous voyons clairement que le leader du groupe M2 se comporte différemment lorsqu’il est sous les feux des projecteurs que lorsqu’il est hors caméra. Sur scène il fait attention à son image, très loin de sa vraie personnalité.


Aussi, les dortoirs constituent une particularité propre à ce milieu en Corée du Sud. Dans le drama, les membres du nouveau groupe créé, une fois recrutés, cohabitent directement dans un appartement, ils ne se connaissent pas encore pourtant les chambres sont distribuées et leurs vies de colocataires commencent. Ce système facilite le travail en commun et la cohésion du groupe, la gestion des emplois du temps en est aussi favorisée. D’ailleurs, leur planning et leur entrainement sont difficiles. Ils se lèvent tôt, font des exercices vocaux mais aussi physiques, nous les voyons courir chaque matin et se plaindre de leur emploi du temps surchargés.


Parlons maintenant de la sélection, pour créer un groupe une agence sera extrêmement sélective. Si nous reprenons notre drama, le groupe sélectionné a fait face à plusieurs étapes de qualifications (qui évaluent, entre autre, leurs qualités en chant, en danse mais aussi leurs prestances et aisances sur scène). Et une fois le groupe formé, leur période de trainee commençant tout juste qu’ils ont dû aussitôt subir de nouvelles périodes de sélections, sans compter sur le public qui a joué un grand rôle dans ces recrutements. Finalement même recruté rien n’est sûr dans le monde de divertissement, être trainee ne signifie pas débuter et devenir idol, il s’agit d’une période incertaine remplie de compétition et de surpassement de soi et cela le drama le met très bien en scène. Cette fiction nourrira tous les curieux des backstages du monde de la K-pop.


Les dramas dans les dramas


Parler de l’entertainment coréen sans parler des dramas reviendrait à ne voir qu’une partie de l’iceberg. En effet, ces séries asiatiques constituent une part importante du divertissement. Et si vous désirez en connaître davantage sur ce monde aussi fascinant que mystérieux, The King of Dramas met en image les coulisses de cette industrie. Pour tous les cinéphiles et curieux, n’hésitez pas à vous plonger dans ce drama qui vous en apprendra plus sur le monde des séries coréennes ! Kim Myeong-Min joue le rôle d’Anthony Kim PDG d’une société de production de drama, réputé pour être obsédé par l’argent et le succès mais aussi pour son excellent travail qu’il l’a mené à produire des dramas très populaires. Pourtant suite à un scandale il perd tout : argent, statut, travail rien n’est épargné. Il va alors demander de l’aide à Lee Go-Eun, interprétée par Jeong Ryeo-Won, jeune scénariste encore inconnue, qu’il avait rejeté dans le passé et d’un acteur égoïste et cupide Kang Hyeon-Min joué par la célèbre star du groupe Super Junior : Si-Won. Le drama nous révèle les problèmes et les vices de cette industrie, et nous en apprend beaucoup sur les procédés de tournage ou encore de diffusion qui peuvent être différents des habitudes occidentales. Sans vous spoiler nous voyons avec cette fiction, le rush et la pression qu’il existe entre l’écriture, le tournage et la diffusion d’un épisode.


D’ailleurs, les K-dramas suivent très souvent un même schéma scénaristique. Par exemple, la recette d'un bon drama scolaire c’est : un triangle amoureux, une fille pauvre et plutôt crédule, et des garçons riches et beaux qui mènent comme bon leur semble toute l’école. Ces clichés sont tous réunis, parodiés et moqués dans la récente fiction Extraordianary you. L’actrice Kim Hye-Yoon joue Eun Dan-Oh, une lycéenne malade du cœur issue d’une famille riche et fiancée à Baek Gyeong. Ce dernier, joué par Lee Jae-Wook, est membre du A3 regroupant les trois garçons les plus populaires du lycée. Tout se complique dans la vie de cette jeune héritière lorsqu’elle comprend qu’elle appartient au monde des manhwas dont elle n’est pas le personnage principal féminin. Elle décide de reprendre son destin en main et part à la recherche de son propre premier amour, qui l’amènera vers Ha Roo joué par le célèbre Ro Woon membre du groupe SF9. Ce drama est très intéressant pour comprendre les trames scénaristiques utilisées en Corée, c’est-à-dire les histoires qui « marchent », qui sont aimées par le public.



L’ Histoire dans les dramas


Ces programmes télévisés et plus particulièrement les K-dramas historiques nous en révèlent aussi sur l’Histoire de la Corée du Sud. Une Histoire très éloignée de la nôtre et moins connu car peu abordée lors des programmes scolaires français. Grâce à Splash splash love avec Kim Seul-Gi et Yoon Doo-Joon leader du groupe Beast appelé aujourd’hui Highlight, nous repartons sur les traces de l’alphabet coréen : le hangeul, célèbre pour sa facilité d’apprentissage et créé par le roi Se-Jong. Le drama évoque l’aspect phonétique de l’alphabet, il met en avant le souhait du roi de lier la sonorité au visuel, c’est ce que nous découvrons avec les scènes illustrants les étapes de la création des lettres. Ce court drama instructif tout en restant léger et drôle raconte les aventures d’une jeune lycéenne Jang Dan-Bi propulsée à l’époque Joseon et contrainte de devenir eunuque pour servir le roi Lee Do. Il explique plusieurs faits historiques et montre les coutumes traditionnelles de cette époque mais il met aussi en scène des éléments populaires actuels dans une époque passé. Pensons à la scène où Dan-Bi danse la célèbre chorégraphie de Psy : Gangnam style lorsqu’elle monte pour la première fois à cheval. Ces anachronismes fréquents ponctuent le drama de scènes plus drôles les unes que les autres.


Autre drama qui nous en apprend beaucoup sur l’Histoire des rois de l'époque Goryeo cette fois-ci, est Moon Lovers : Scarlet Heart Ryeo. En tête d’affiche, Lee Joon-Gi joue le quatrième prince Wang So, IU interpréte Go Ha-Jin/Hae Su, et Byun Baek-Hyun membre du célèbre boysband Exo et leader du groupe Super M incarne le dixième prince Wang Eun. Go Ha-Jin est transportée suite à une éclipse et en essayant de sauver un enfant de la noyade, sous le règne du premier roi de l’ère Goryeo, le roi Taejo. Elle doit alors vivre à une époque qu’elle ne connait pas sous l’identité de la cousine de la femme du 8ème prince : Hae Su. Nous suivons avec elle ses aventures à la découverte de cette époque. Entre complot pour la couronne et rivalité fraternelle, le drama fait un parallèle entre l’Histoire que l’héroïne a apprise à l’école et celle qu’elle vit dans la peau de Hae Su, ce qui rend encore plus authentique chaque événement historique. Presqu’un documentaire l’histoire reprend plusieurs règnes et retrace ainsi une longue période de cette ère.




Il existe une grande variété de genre de drama et ils sont tous une fenêtre vers un pan de la culture, de l’Histoire, des mœurs et des codes sociaux et moraux coréens. Même si nous nous doutons bien que certaines particularités sont peut-être exagérées et d’autres masquées il est indéniable que regarder des dramas nous en fait découvrir énormément sur ce pays très éloignés. Et encore nous n’avons pas tout évoqué, si nous prenons les dramas culinaires, par exemple, ces derniers nous en montrent beaucoup sur leurs habitudes alimentaires très différentes des nôtres.


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